Le kakebo (ou kakeibo) est le livre de comptes du foyer à la japonaise : en début de mois, tu décides ce que tu veux mettre de côté, tu notes chaque dépense, puis tu fais le point chaque semaine et chaque mois. Le premier, conçu par Hani Motoko, a paru fin 1904, et son éditeur, Fujin no Tomo-sha, le publie toujours : l'édition 2027 est en vente au Japon depuis le 6 octobre 2026. La méthode n'a pas pris une ride. Le carnet, un peu : il a été pensé pour un foyer qui payait en espèces, alors qu'en France, en 2024, la carte a dépassé pour la première fois le liquide dans les paiements chez les commerçants (Banque de France).
En bref
- Le kakebo est né au Japon fin 1904, chez l'éditeur Fujin no Tomo-sha, qui le publie toujours. Kakeibo (家計簿) est la transcription fidèle, kakebo l'orthographe des carnets européens.
- La méthode d'origine : un budget annuel, l'épargne retirée en premier, de nombreux postes de dépenses, l'excédent du mois reporté. Les 4 questions et les 4 rubriques sont une simplification des carnets modernes.
- Le rituel : les deux premières questions le jour de paie, une ligne par dépense, un bilan chaque semaine, la quatrième question en fin de mois.
- Sans tout recopier : la banque note déjà la carte et les prélèvements. Garde le papier pour les espèces et la réflexion, et pose la question de la semaine à une IA qui lit ton relevé.
Le kakebo et les Français en quatre chiffres
Sources : Fujin no Tomo-sha, Banque de France / CSA, 2026, Banque de France, 2025
Qu'est-ce que le kakebo ?
Le kakebo est un carnet où l'on tient les comptes du foyer, mois après mois : les revenus, l'épargne que l'on se fixe, les dépenses notées une à une et un bilan régulier. Au Japon, ce n'est ni une marque ni une méthode unique. Le dictionnaire Shogakukan définit 家計簿 comme un registre où l'on inscrit les frais de subsistance d'un foyer, ses revenus et ses dépenses (Kotobank). C'est le mot courant, comme « cahier de comptes » en français. La « méthode kakebo » des carnets français remonte, elle, à un kakeibo précis : celui de Hani Motoko, publié depuis 1904 par Fujin no Tomo-sha.
Kakebo ou kakeibo : quelle orthographe ?
Le mot se lit ka-kei-bo : 家計 (kakei) désigne les finances du foyer, 簿 (bo) un cahier relié où l'on tient des registres. Kakeibo est la transcription fidèle. Kakebo est l'orthographe des carnets européens, d'un agenda publié chez Flammarion en 2012 (Open Library) à des titres anglais, espagnols et italiens. Les deux désignent la même chose.
Qui a inventé le kakebo ?
Hani Motoko (1873-1957), que la Bibliothèque nationale de la Diète présente comme la première femme journaliste du Japon. En 1903, elle fonde avec son mari le magazine Katei no Tomo, plus tard renommé Fujin no Tomo, et son premier kakeibo paraît fin 1904. Il est publié chaque année depuis, sauf pendant quatre années de guerre et d'après-guerre où le papier était rationné. L'éditeur le présente comme le livre de comptes annuel utilisé depuis le plus longtemps au Japon (Fujin no Tomo-sha). De 1946 à 2021, le magazine a même animé une ligue de lecteurs pour tenir son kakeibo jusqu'au bout de l'année (Fujin no Tomo-sha) : même au Japon, on s'y mettait à plusieurs. Si tu as abandonné le tien en février, tu n'es pas seul.
| Date | Ce qui se passe | Source |
|---|---|---|
| Fin 1904 | Premier kakeibo de Hani Motoko | Fujin no Tomo-sha |
| Juin 1946 à fin 2021 | Ligue des lecteurs pour tenir son kakeibo toute l'année | Fujin no Tomo-sha |
| 2012 | Un agenda kakebo paraît chez Flammarion en France | Open Library |
| 23 novembre 2017 | Penguin publie au Royaume-Uni « Kakeibo: The Japanese Art of Budgeting & Saving Money » | Penguin |
| 1er avril 2025 | Manuel de la version 3.0 de kakei+, le kakeibo de l'éditeur sur smartphone et ordinateur | Fujin no Tomo-sha |
| 6 octobre 2026 | L'édition papier 2027 est mise en vente | Fujin no Tomo-sha |
Le kakeibo d'origine : ce que dit vraiment la méthode de 1904
La méthode d'origine n'a ni quatre questions ni quatre rubriques : c'est un budget annuel, épargne retirée en premier, réparti entre de nombreux postes de dépenses. L'éditeur la résume ainsi : on classe les frais de la vie courante par poste, on établit un budget pour l'année, puis on note chaque dépense en la retranchant de ce budget (Fujin no Tomo-sha, 120 ans du kakeibo).
La règle de répartition tient en une phrase : on divise le revenu de l'année par douze, on retire d'abord l'épargne, on répartit le reste entre les budgets du mois, et on reporte chaque mois ce qui n'a pas été dépensé. Le mois où une dépense dépasse le budget, le report l'absorbe, et l'épargne se fait quand même. C'est déjà le « paie-toi d'abord » des livres de finances personnelles.
L'éditeur prévient que ceux qui découvrent son kakeibo risquent de s'étonner du nombre de postes : alimentation, énergie, logement et mobilier, vêtements… L'édition 2027 contient un tableau de budget, un récapitulatif annuel et un index alphabétique des postes (Fujin no Tomo-sha, édition 2027). L'encyclopédie Britannica japonaise ajoute que le mois de comptes se cale de préférence du jour de la paie principale à la veille de la paie suivante.
Idées reçues sur le kakebo
- « Une méthode ancestrale. » Le premier kakeibo de Hani Motoko date de 1904.
- « Les quatre rubriques officielles. » L'original compte de nombreux postes ; les quatre rubriques viennent des carnets occidentaux.
- « Le mot date de 1917. » 1917 est la date du plus ancien exemple cité par le dictionnaire Shogakukan, pas la naissance du mot : le kakeibo de l'éditeur est de 1904.
- « On économise jusqu'à 35 % de ses revenus. » Les pages qui le reprennent ne nomment aucune étude.
- « La règle du kakebo, c'est 50 % / 25 % / 25 %. » Rien de tel dans les sources japonaises, et ce n'est pas non plus la règle 50/30/20.
Les 4 questions du kakebo
Les carnets kakebo vendus en France posent quatre questions : combien as-tu à disposition, combien veux-tu mettre de côté, combien dépenses-tu, et comment faire mieux ? La presse les présente à peu près ainsi (Ça m'intéresse, janvier 2025). Il s'agit d'une convention des carnets modernes, pas d'une citation de Hani Motoko. La présentation du livre publié par Penguin en 2017 décrit le même rituel, sans ces quatre formules : décider en début de mois ce que l'on veut épargner, noter ses dépenses de la semaine, revenir sur le mois écoulé.
| Question | Quand | Ce que tu écris | Repère français |
|---|---|---|---|
| 1. Combien d'argent as-tu à disposition ? | Le jour de paie | Revenus du mois moins charges fixes | 49 % font un plan prévisionnel de leurs revenus et de leurs dépenses |
| 2. Combien veux-tu mettre de côté ? | Le jour de paie | Un montant en euros, pas une intention | 47 % ont programmé un virement permanent pour épargner chaque mois |
| 3. Combien dépenses-tu ? | Chaque jour, total chaque semaine | Chaque dépense, dans sa rubrique | 35 % savent précisément ce qu'ils dépensent chaque mois, 54 % à peu près |
| 4. Comment peux-tu faire mieux ? | En fin de mois | Une ou deux décisions pour le mois suivant | 48 % se fixent des objectifs financiers à long terme et s'efforcent de les atteindre |
La troisième question est celle qui coince. Selon l'enquête Banque de France et CSA de 2026, à peine plus d'un Français sur trois sait au juste ce qu'il dépense dans le mois, et 11 % n'en ont aucune idée. Pourtant, 84 % consultent le solde de leur compte courant au moins une fois par semaine. Le coup d'œil au solde, presque tout le monde le fait déjà ; le kakebo le transforme en bilan.
La deuxième question est celle que la méthode d'origine place avant toutes les autres. En France, elle prend la forme d'un virement permanent le jour de la paie vers un livret : le Livret A rapporte 1,7 % depuis le 1er août 2026, le LEP 2,5 % si tu y as droit (service-public.fr). Pour fixer le montant, voir combien épargner par mois selon ton salaire.
Les 4 rubriques du kakebo : essentiel, optionnel, culture, imprévus
Il n'existe pas de liste officielle : les quatre rubriques changent d'un carnet à l'autre, et le kakeibo japonais en compte bien plus. La version qu'on croise le plus souvent en France range les dépenses en essentiel, optionnel, culture et imprévus ; d'autres sources disent nécessité, loisirs, shopping et extra. Peu importe le nom : l'important est de savoir dans quelle colonne va chaque achat avant de commencer.
Les quatre rubriques les plus courantes des carnets kakebo, avec des exemples.
| Rubrique | Ce qu'on y met | Exemples |
|---|---|---|
| Essentiel | Ce dont tu ne peux pas te passer | Courses, pharmacie, transports du quotidien, hygiène |
| Optionnel | Le confort et les envies | Restaurants, livraisons, vêtements pas indispensables |
| Culture | Ce qui nourrit l'esprit | Livres, cinéma, musées, concerts, cours |
| Imprévus | Ce qui n'était pas prévu en début de mois | Réparation, cadeau, frais de santé imprévus |
Et le loyer, l'électricité, l'assurance ? Dans la méthode décrite ici, les charges fixes ne passent par aucune rubrique : tu les retires dès la première question. Le portail public Mes questions d'argent fait la même distinction : « Il faut absolument faire la différence entre dépenses fixes et les dépenses variables pour vous permettre de repérer les sources potentielles d'économie et d'épargne » (Mes questions d'argent). Si quatre colonnes te semblent trop grossières, reviens à l'esprit de l'original : autant de postes qu'il en faut pour que chaque dépense ait sa place.
Pose la troisième question du kakebo à Martia
« Combien j'ai dépensé cette semaine, et où ? » Martia répond en français à partir des opérations que ta banque lui transmet en lecture seule. Tu gardes le carnet pour les deux premières questions et pour la quatrième ; elle fait l'addition.
Kakebo papier, appli ou relevé bancaire : quel outil choisir ?
Le geste d'écrire a une vraie valeur : il oblige à s'arrêter sur chaque achat. Mais en France, une part croissante des dépenses laisse déjà une ligne sur le relevé bancaire. En 2024, la carte a représenté 48 % des paiements chez les commerçants et les espèces 43 %, contre 68 % pour les espèces en 2016 et 50 % en 2022 (Bulletin de la Banque de France n° 256, février 2025). Ces parts se comptent en nombre de transactions, pas en euros.
Les Français utilisent déjà les deux voies. Selon la Banque de France et le CSA (2026), 55 % disent noter toutes leurs dépenses et 62 % utilisent une application bancaire ou un outil de gestion pour les suivre ; 61 % des 65 ans et plus disent noter toutes leurs dépenses, 75 % des 18-24 ans passent par une appli ou un outil. Même l'Insee bouge : pour son enquête Budget de famille 2026, « tous les membres du ménage sont invités à noter l'intégralité de leurs dépenses sur un carnet » pendant sept jours, mais certains ménages peuvent désormais le remplir sur une application (Insee). Et l'éditeur japonais propose kakei+, son kakeibo pour smartphone et ordinateur (Fujin no Tomo-sha).
Le kakebo a raison sur le fond : qui ne compte pas ne sait pas. Il a seulement un prix, celui de recopier chaque soir ce que la banque a déjà noté. Mes questions d'argent le dit à sa façon : pour tenir dans le temps, cela doit rester « quelque chose de systématique et de simple », avec des automatismes.
Quatre façons de tenir un kakebo : d'où viennent les dépenses, ce qui est vu, ce qui reste à faire.
| Critère | Carnet kakebo | Appli kakebo (saisie) | Tableur | IA reliée à ta banque |
|---|---|---|---|---|
| Comment arrivent les dépenses | Écrites à la main | Tapées ou dictées | Relevé téléchargé, puis trié à la main | Lues sur ton compte, en lecture seule |
| Carte et prélèvements | À recopier | À saisir | Dans le fichier de la banque | Déjà là |
| Espèces | Notées sur le moment | À saisir | À taper | Invisibles : seul le retrait apparaît |
| Le bilan | Tu l'écris toi-même | Dans l'appli, sur ce que tu as saisi | Formules à construire | Tu poses la question, elle répond avec tes chiffres |
| Pour qui | Tu aimes écrire, tu paies souvent en espèces | Tu veux le carnet dans ta poche | Tu aimes construire tes tableaux | Tu veux garder la réflexion sans la recopie |
Pour la voie du tableur, notre tableau Excel de budget familial gratuit donne un modèle prêt à coller.
Et les espèces ?
Le liquide recule sans disparaître : 60 % des consommateurs jugent important de pouvoir payer en espèces (Banque de France, 2025). Aucune connexion bancaire ne sait ce que les billets retirés ont acheté : sur le relevé, il n'y a que le retrait. Pour les espèces, le carnet reste le meilleur outil. Si tu paies surtout en liquide, voir aussi faire son budget sans connecter sa banque.
Les applis kakebo
Sur l'App Store français, « Kakebo: Budget & Épargne » est gratuite au téléchargement et notée 4,7 sur 5 (12 notes, relevé du 9 octobre 2026). On y saisit ses dépenses à la main ou à la voix, et une assistante IA répond aux questions sur ce qu'on a saisi ; sa description ne mentionne pas de connexion bancaire. Parler à une IA de son argent n'a donc rien d'unique. Ce qui change, c'est d'où viennent les chiffres : de ce que tu as tapé, ou des opérations déjà sur ton relevé. Pour comparer les applis disponibles en France, voir notre comparatif des applications de budget 2026.
Faut-il acheter un agenda kakebo ?
Pas forcément. Un agenda daté apporte une mise en page toute faite et le plaisir de l'objet, mais la méthode tient dans un cahier ordinaire et la page modèle plus haut. Ce qui compte, c'est le bilan, pas le papier.
Garder la réflexion, pas la recopie : le bilan de la semaine avec Martia
Martia ne remplace pas ton kakebo : elle fait la partie que le carnet fait mal, l'addition, et te laisse celle qu'il fait bien, la réflexion. Martia est une IA à qui tu parles de ton argent, en français. Une fois ton compte relié en lecture seule, elle répond à partir de tes vraies opérations, déjà classées par catégorie.
Appelons ça le kakebo sans recopie : la banque note, tu réfléchis. Trois gestes suffisent.
- Le jour de paie, sur papier : les questions 1 et 2, et le virement permanent vers ton livret, programmé dans ta banque.
- Au quotidien, sur papier : seulement les espèces.
- Chaque semaine, dans le chat : la question 3 à Martia, puis tes remarques de ta main, sur ton carnet ; la question 4 attend la fin du mois.
Les questions à lui poser pour ce bilan :
- « Combien j'ai dépensé cette semaine, et où ? »
- « Range mes dépenses du mois en essentiel, optionnel, culture et imprévus. » Elle répond dans la conversation ; ce n'est pas un réglage enregistré.
- « Qu'est-ce qui a augmenté par rapport au mois dernier ? »
- « Combien d'argent est parti vers mon livret ce mois-ci ? »
Chaque semaine, un e-mail te résume aussi ce qu'elle a remarqué dans tes dépenses : une partie du bilan arrive toute seule, il reste à écrire ce que tu en penses. Compte une dizaine de minutes pour le bilan de la semaine, selon notre estimation. Pour aller plus loin sur le suivi, voir où passe ton argent.
Ce que Martia ne fait pas
Martia ne voit pas les espèces, et on ne peut pas y ajouter une dépense à la main. Elle n'a ni enveloppes, ni plafond, ni alerte par rubrique : le budget de chaque rubrique reste sur ton carnet, elle compte ce qui est parti. Elle n'exporte pas de fichier CSV et ne déplace jamais d'argent. La connexion passe par Enable Banking, en lecture seule, avec plus de 2 500 banques en Europe et au Royaume-Uni ; l'autorisation donnée à ta banque dure 180 jours au plus, ensuite tu reconnectes ta banque et l'historique reste. Martia fonctionne dans le navigateur, pour 9 € par mois ou 59 € par an.
Kakebo, enveloppes ou 50/30/20 : quelle méthode choisir ?
Le kakebo apprend à regarder ses dépenses, la méthode des enveloppes à les plafonner, la règle 50/30/20 à fixer les grandes proportions. Rien n'empêche de les combiner : une charpente en pourcentages, des limites par poste et un bilan écrit.
Trois méthodes de budget : ce qu'elles font, et pour qui.
| Méthode | Principe | Bon choix si |
|---|---|---|
| Kakebo | Épargne d'abord, chaque dépense notée, bilan chaque semaine | Tu ne sais pas où part l'argent et tu veux comprendre |
| Enveloppes | Une limite fixe par poste, décidée avant de dépenser | Tu sais où tu dérapes et tu veux un garde-fou |
| 50/30/20 | 50 % besoins, 30 % envies, 20 % épargne | Tu veux une répartition simple à partir de ton salaire |
Pour la comparaison détaillée avec les enveloppes, voir la méthode des enveloppes sans liquide. Quelle que soit la méthode, la meilleure est celle que tu tiens encore au troisième mois. Ce n'est pas une question de volonté, mais de friction : moins il y a à recopier, plus il reste de place pour la question qui compte, la quatrième.
Ton bilan de la semaine, en une question à Martia
Demande-lui « qu'est-ce qui a changé dans mes dépenses par rapport au mois dernier ? ». La réponse vient de tes vraies opérations, pas d'une saisie. La réflexion, elle, reste sur ton carnet.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le kakebo ?
Le kakebo, ou kakeibo, est un livre de comptes du foyer venu du Japon. Le premier, conçu par Hani Motoko, a paru fin 1904, et son éditeur, Fujin no Tomo-sha, le publie toujours : l'édition 2027 est en vente depuis le 6 octobre 2026. Le principe d'origine : un budget pour l'année, l'épargne mise de côté en premier, le reste réparti entre les postes de dépenses, chaque dépense notée et retranchée du budget. Les carnets vendus en France l'ont simplifié en quatre questions, quatre rubriques et un bilan chaque semaine et chaque mois.
Kakebo ou kakeibo : quelle est la bonne orthographe ?
Les deux désignent la même chose. Le mot japonais 家計簿 se lit ka-kei-bo : 家計 (kakei) désigne les finances du foyer, 簿 (bo) un cahier où l'on tient des comptes. « Kakeibo » est donc la transcription fidèle, et « kakebo » l'orthographe retenue par les carnets européens, par exemple un agenda publié chez Flammarion en 2012. Au Japon, kakeibo n'est ni une marque ni une méthode unique : c'est le mot courant pour n'importe quel livre de comptes du ménage, comme « cahier de comptes » en français.
Quelles sont les 4 questions du kakebo ?
Les carnets kakebo vendus en France posent quatre questions. En début de mois : combien d'argent as-tu à disposition, et combien veux-tu mettre de côté ? Au fil du mois : combien dépenses-tu ? En fin de mois : comment peux-tu faire mieux ? C'est une convention des carnets modernes, pas une citation de Hani Motoko, dont la méthode de 1904 reposait sur un budget annuel, épargne retirée en premier. La troisième question est la plus difficile : selon l'enquête Banque de France et CSA de 2026, 35 % des Français savent précisément ce qu'ils dépensent chaque mois.
Quelles sont les catégories du kakebo ?
Il n'existe pas de liste officielle. La version qu'on croise le plus souvent en France compte quatre rubriques : essentiel (courses, pharmacie, transports du quotidien), optionnel (restaurants, livraisons, achats plaisir), culture (livres, cinéma, sorties) et imprévus (réparation, cadeau, dépense non prévue). D'autres sources disent nécessité, loisirs, shopping et extra. Le kakeibo japonais d'origine compte bien plus de postes, de l'alimentation aux vêtements en passant par l'énergie. Le plus simple : retire les charges fixes, comme le loyer ou l'assurance, dès le jour de paie, avant de répartir le reste entre les rubriques.
Comment faire un kakebo gratuitement ?
Un cahier et un stylo suffisent. Choisis ton mois kakebo, du jour de paie à la veille de la paie suivante. Note tes revenus, tes charges fixes et ce que tu veux épargner, puis répartis le reste entre quatre rubriques et divise par le nombre de semaines. Chaque jour, écris tes dépenses dans la bonne colonne ; chaque semaine, additionne et compare au budget ; en fin de mois, écris ce que tu changerais. Garde aussi tes tickets de caisse et de carte. La page modèle de cet article se recopie dans n'importe quel cahier, sans compte à créer.
Existe-t-il un kakebo numérique relié à son compte bancaire ?
Pas l'appli kakebo que nous avons vérifiée : sur l'App Store français, « Kakebo: Budget & Épargne » fonctionne à la saisie. Tu entres chaque dépense à la main ou à la voix, et sa description ne mentionne pas de connexion bancaire (relevé du 9 octobre 2026). L'autre voie garde la réflexion du kakebo et laisse la banque faire la saisie. Martia, par exemple, lit ton compte en lecture seule et répond en français à « combien j'ai dépensé cette semaine, et où ? » à partir de tes vraies opérations, et un e-mail chaque semaine te résume ce qu'elle a remarqué. Elle ne voit pas les espèces et n'a ni enveloppes ni plafonds par rubrique : le budget reste sur ton carnet.
Combien peut-on économiser avec le kakebo ?
Personne ne peut te promettre un pourcentage. La promesse « jusqu'à 35 % de tes revenus » qui circule sur le web ne nomme aucune étude, et la répartition 50 % / 25 % / 25 % parfois présentée comme la règle du kakebo n'apparaît pas chez l'éditeur japonais. La méthode d'origine dit quelque chose de plus utile : l'épargne se retire en premier, et l'excédent de chaque mois se reporte pour absorber les mois chers. En France, cela prend la forme d'un virement permanent vers un livret le jour de la paie : 47 % des Français en ont programmé un, selon la Banque de France et le CSA (2026).
Comment tenir un kakebo avec 1 500 € par mois ?
Avec un revenu proche du Smic, 1 477,93 € nets par mois pour un temps plein depuis le 1er juin 2026, commence par les deux premières questions : retire les charges fixes, puis une épargne même modeste, versée par virement permanent le jour de la paie. Dans notre exemple aux chiffres inventés, il reste 660 € après 718 € de charges fixes et 100 € d'épargne, soit 165 € par semaine pour les quatre rubriques. Le bilan du dimanche montre tout de suite celle qui dérape. Si le compte ne tombe pas juste, les Points conseil budget, labellisés par l'État, donnent des conseils gratuits et confidentiels.
Sources
- Fujin no Tomo-sha. « 婦人之友社の家計簿は創刊120周年 » (120 ans du kakeibo) (octobre 2025) ; présentation de l'éditeur ; 羽仁もと子案家計簿 2027年 (en vente depuis le 6 octobre 2026) ; manuel kakei+ version 3.0 (1er avril 2025) ; 家計簿をつけ通す同盟. Pages consultées le 9 octobre 2026.
- Bibliothèque nationale de la Diète (Japon). Portraits of Modern Japanese Historical Figures, Hani Motoko.
- Shogakukan, Seisenban Nihon Kokugo Daijiten et Digital Daijisen ; Britannica Kokusai Dai-Hyakka Jiten, entrée 家計簿, via Kotobank.
- Penguin. Kakeibo: The Japanese Art of Budgeting & Saving Money (23 novembre 2017). Open Library, notice de l'agenda kakebo publié chez Flammarion (18 août 2012).
- Banque de France et CSA. Enquête sur l'éducation financière du public en France en 2026 (mars 2026 ; 2 217 personnes de 18 ans et plus, interrogées du 15 janvier au 9 février 2026).
- Banque de France. « Les Français continuent d'apprécier les espèces, même si leur usage se réduit au profit des paiements par carte et mobile », Bulletin n° 256 (25 février 2025), d'après l'enquête SPACE 2024 de la BCE.
- Insee. Enquête Budget de famille 2026, processus statistique (7 octobre 2026).
- Mes questions d'argent (Banque de France). Comment faire ses comptes ?
- Service-public.gouv.fr. Livret A et LEP : taux au 1er août 2026 (31 juillet 2026) ; fiche F2300, le Smic (vérifiée le 1er juin 2026).
- Ministère des Solidarités. Point conseil budget (PCB).
- Formulation courante des quatre questions : Ça m'intéresse (4 janvier 2025). App Store France, fiche « Kakebo: Budget & Épargne » (relevé du 9 octobre 2026).
- Connexion bancaire de Martia : Enable Banking, dans le cadre de la directive européenne sur les services de paiement (DSP2), en lecture seule.
Comment faire un kakebo : le rituel du mois et de la semaine
Un kakebo se tient en quatre temps : le jour de paie pour les deux premières questions, chaque jour pour noter, chaque semaine pour le bilan, la fin du mois pour la quatrième question.
Ta page de kakebo pour la semaine
Une page à recopier dans un cahier, gratuite et sans compte à créer. Une page par semaine, quatre ou cinq par mois.
Au bas de la page, trois lignes pour le bilan : qu'est-ce qui m'a surpris cette semaine ? Quelle dépense referais-je, et laquelle non ? Qu'est-ce que je change la semaine prochaine ?
Exemple : un mois de kakebo au Smic
Prenons une personne seule, locataire, payée au Smic : 1 477,93 € nets par mois pour un temps plein depuis le 1er juin 2026 (service-public.fr), arrondis ici à 1 478 €. Toutes les répartitions sont des chiffres inventés pour l'exemple.
Les 660 € des rubriques, c'est ce qui reste une fois les charges fixes et l'épargne retirées : 1 478 − 718 − 100. La semaine où l'essentiel dépasse ses 90 €, le bilan du dimanche le montre tout de suite, et l'optionnel de la semaine suivante s'ajuste. Si les imprévus n'ont pas servi, ils se reportent au mois suivant, comme dans le kakeibo de 1904.
Avec un petit salaire, chaque ligne compte davantage : notre guide pour faire son budget avec un petit salaire va plus loin. Si le compte ne tombe pas juste malgré tout, les Points conseil budget sont « un service gratuit labellisé par l'État », ouvert à tous, qui donne des conseils confidentiels et personnalisés (ministère des Solidarités).