La règle 50/30/20 : comment répartir son salaire

Le calcul en euros pour 1 600 €, 2 190 € et 2 733 € net. Où la répartition classique coince en France, et les trois variantes qui la remplacent.

Tu n'as pas de plan pour ton salaire. Il arrive sur le compte courant, se disperse entre les prélèvements, les courses et le reste, et à la fin du mois, ça passe — ou ça ne passe pas. Personne n'a appris à faire autrement : ça ne s'enseigne nulle part. La règle 50/30/20 répartit le revenu net mensuel en trois parts — 50 % pour les besoins, 30 % pour les envies, 20 % pour l'épargne. Sur le salaire net médian français, 2 190 € par mois (INSEE, 2024), cela fait 1 095 € / 657 € / 438 €. Reste la seule question qui compte : est-ce que ces proportions tiennent face aux salaires et aux loyers français ? On regarde, avec des montants en euros — et le premier geste, c'est dix minutes de relevé.

L'essentiel

  • La règle 50/30/20 répartit le revenu net en 50 % besoins, 30 % envies, 20 % épargne — publiée par Elizabeth Warren dans « All Your Worth » (2005)
  • Avec le salaire net médian de 2 190 € (INSEE, 2024), cela donne 1 095 € / 657 € / 438 € — tableau complet plus bas
  • Logement, transports et alimentation pèsent déjà 53,1 % de la consommation des ménages français (Eurostat TEC00134, 2022) : les 50 % sont serrés dès la moyenne
  • Le calcul se fait sur le net à payer, impôt déjà prélevé à la source depuis 2019 — jamais sur le brut
  • Trois variantes selon le revenu : 60/20/20, 50/30/20 ou 40/20/40. Les 20 % d'épargne sont la seule part qui ne bouge pas

Qu'est-ce que la règle 50/30/20 et d'où vient-elle ?

La règle 50/30/20 est une méthode de répartition du revenu net mensuel en trois postes : 50 % pour les besoins, 30 % pour les envies, 20 % pour l'épargne ou le remboursement anticipé des crédits. Elle a été publiée par Elizabeth Warren — professeure de droit à Harvard, plus tard sénatrice américaine — et par sa fille Amelia Warren Tyagi, dans « All Your Worth: The Ultimate Lifetime Money Plan » (Free Press, 2005). Ce n'est pas un modèle académique. C'est un point de départ pour quelqu'un qui n'a jamais fait de budget de sa vie.

D'où sort cette répartition ?

Elizabeth Warren et Amelia Warren Tyagi ont formulé cette règle en 2005, en réponse à l'endettement croissant des ménages américains. L'observation de départ : la plupart des difficultés financières ne viennent pas de trop de cafés ou de trop de vêtements, mais du fait que les engagements fixes — crédits, loyer, voiture à crédit — avalent une part trop grande du revenu. La règle 50/30/20 cherchait à rendre visible l'équilibre entre besoins, plaisirs et avenir. Source : Warren E., Warren Tyagi A., « All Your Worth » (2005).

Qu'est-ce qui va dans quel poste ?

Le partage n'est pas toujours évident. Voici ce qui tombe dans chacune des trois enveloppes.

PosteCe que ça contientLe test
Besoins (50 %)Loyer ou mensualité de crédit immobilier, énergie, eau, internet, courses de base, transport domicile-travail, assurance habitation, mutuelle, mensualité minimale d'un créditSans ça, je perds mon logement ou mon travail ?
Envies (30 %)Restaurants, streaming, salle de sport, vêtements au-delà du nécessaire, week-ends, achats d'impulsionÇa me fait plaisir, mais je survivrais sans ?
Épargne (20 %)Épargne de précaution, remboursement anticipé de crédit, placements, objectif daté (apport, voiture, voyage)Est-ce que ça travaille pour mon avenir ou me protège ?

Un point qui coince souvent : les abonnements de streaming comme Netflix ou Spotify sont des envies, pas des besoins. Idem pour la salle de sport. Le forfait mobile en formule de base est un besoin ; le même forfait à 200 Go avec les options est une envie. Si la frontière te paraît floue, la liste de tes abonnements est l'endroit où commencer.

Le calcul de la règle 50/30/20 en euros

Voici les montants concrets pour plusieurs niveaux de revenu net en France — chiffres 2026. Pas de pourcentages abstraits : trouve la ligne la plus proche de ce qui arrive sur ton compte courant et lis les trois montants.

Revenu net mensuel50 % — besoins30 % — envies20 % — épargne
1 300 €650 €390 €260 €
1 600 €800 €480 €320 €
1 900 €950 €570 €380 €
2 190 € (médiane)1 095 €657 €438 €
2 500 €1 250 €750 €500 €
2 733 € (moyenne)1 366,50 €819,90 €546,60 €
3 200 €1 600 €960 €640 €
4 380 € (couple)2 190 €1 314 €876 €

Les deux lignes repères viennent de l'INSEE (2024, salaires du secteur privé en équivalent temps plein) : 2 190 € de salaire net médian et 2 733 € de salaire net moyen. L'écart entre les deux — presque 550 € — dit l'essentiel : la moitié des salariés du privé gagnent moins de 2 190 € net, et la « moyenne » que tout le monde cite décrit mal la vie de la moitié la moins bien payée. La ligne couple à 4 380 € correspond à deux salaires médians.

À quoi ressemble vraiment un budget français ?

D'après Eurostat (TEC00134, comptes nationaux, 2022), la consommation des ménages français se répartit ainsi : logement et charges 26,2 %, transports 13,6 %, alimentation 13,3 %, restaurants et hôtels 8,1 %, loisirs et culture 8,0 %, santé 4,0 %, habillement 3,3 %, communication 2,3 %. Le revenu disponible d'une personne seule au niveau de vie médian est de 2 150 € par mois (INSEE, 2023), soit 25 760 € par an et par unité de consommation.

Brut ou net : sur quel chiffre calculer la règle 50/30/20 ?

Sur le net à payer, jamais sur le brut — et plus précisément sur ce qui arrive vraiment sur le compte courant. C'est l'erreur la plus coûteuse de toute la méthode, parce qu'elle fabrique un budget dans lequel il n'y a pas d'argent.

Entre le brut et le net, les cotisations sociales salariales et la CSG/CRDS retirent environ 24 % du salaire : le rapport net sur brut tourne autour de 0,757. Sur les chiffres INSEE de 2024, cela donne 3 602 € de salaire brut moyen pour 2 733 € net, en équivalent temps plein dans le secteur privé. Depuis 2019, l'impôt sur le revenu est en plus prélevé à la source : la ligne « net à payer » de ton bulletin de paie est déjà nette d'impôt. C'est elle, et pas la ligne « net avant impôt », qui sert de base au calcul.

Et quand on est auto-entrepreneur ?

En micro-entreprise, tu déclares un chiffre d'affaires et tu verses à l'URSSAF un pourcentage forfaitaire de ce chiffre d'affaires. Le montant facturé au client n'est donc jamais ta base de calcul. Ce qui compte, c'est ce qui reste sur le compte courant une fois le prélèvement URSSAF passé — et la variabilité d'un mois à l'autre. Le réflexe qui marche : prendre le mois le plus bas des six derniers comme revenu de référence, et traiter tout le surplus des bons mois comme de l'épargne.

Si tes revenus varient beaucoup, la méthode complète est dans notre guide du budget familial — la partie sur les revenus irréguliers s'applique telle quelle aux indépendants.

La France et la règle 50/30/20

2 190 €salaire net médian mensuel, équivalent temps plein, secteur privé (INSEE, 2024)
26,2 %part du logement et des charges dans la consommation des ménages (Eurostat TEC00134, 2022)
18,2 %taux d'épargne des ménages français (INSEE, comptes nationaux, 2024)
1,5 %taux du Livret A depuis février 2026 (Banque de France)

Sources : INSEE 2024, Eurostat TEC00134

Est-ce que la règle 50/30/20 marche en France ?

Réponse courte : comme point de départ oui, telle quelle rarement. La règle est née aux États-Unis, dans un rapport loyer/revenu différent du nôtre. La réalité française de 2026 diverge sur deux points précis, et ils sont mesurables.

Le premier écart : les besoins pèsent déjà plus de 50 %

Additionne trois postes de la structure de consommation française publiée par Eurostat (TEC00134, 2022) : logement et charges 26,2 %, transports 13,6 %, alimentation 13,3 %. Total : 53,1 %. Et il n'y a encore là-dedans ni assurance, ni mutuelle, ni cantine, ni la moindre mensualité de crédit à la consommation. La moyenne nationale dépasse donc déjà le plafond que la règle réserve aux besoins. Les 50 % ne sont pas un objectif confortable en France : c'est un objectif tendu, et ça n'a rien à voir avec ta discipline.

En face, les postes qui font culpabiliser tout le monde sont beaucoup plus légers qu'on ne le croit : restaurants et hôtels 8,1 %, loisirs et culture 8,0 %. À l'échelle nationale, ce sont donc les postes contraints qui pèsent dans le budget, pas les cafés. Ça ne dit rien de ton mois à toi — mais ça dit par quel bout prendre le problème.

Le second écart : loyer ou crédit, ce n'est pas le même budget

57,2 % des ménages français sont propriétaires de leur résidence principale (INSEE, 2023), et environ 20 % de l'ensemble des ménages remboursent encore un crédit immobilier. Le montant moyen emprunté par les acquéreurs de 2024 était de 210 848 €, remboursés sur un peu plus de 22 ans en moyenne (Meilleurtaux, étude sur les acquéreurs 2024). Cette mensualité entre entièrement dans les besoins. Pour un locataire, le loyer joue exactement le même rôle, à la différence près qu'il ne construit aucun patrimoine.

La conséquence pratique est la même dans les deux cas : le premier chiffre à connaître n'est pas ton budget restaurants, c'est le poids de ton logement dans ton net. Regarder où part réellement l'argent prend dix minutes et évite trois mois de plan bancal.

Tu ne sais pas dans quelles proportions tu dépenses ?

Martia calcule toute seule la part de ton revenu qui part en besoins, en envies et en épargne — rien à saisir à la main. Tu demandes « combien j'ai dépensé en courses en juillet ? » et tu as la réponse en quelques secondes. Parle à Martia de ton argent, en français.

Parler à Martia en français

Quand la règle 50/30/20 ne tient pas — quatre cas français

La règle 50/30/20 est un modèle, pas une loi. Elle a des limites, et les nommer vaut mieux que les subir. Voici quatre situations où la répartition classique casse, et quoi faire à la place.

1. Un revenu proche du seuil de pauvreté

Le seuil de pauvreté est fixé à 1 288 € par mois pour une personne seule et à 2 705 € pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans (INSEE, 2023). Fais le calcul : à 1 288 €, les 50 % de la règle donnent 644 € pour couvrir d'un seul coup le loyer, l'énergie, les courses et les transports. Il n'existe pas beaucoup d'endroits en France où ce budget tient. La règle 50/30/20 devient alors arithmétiquement impossible, et se le reprocher ne change rien. Ce qui marche : la variante 70/20/10, en protégeant les 10 % d'épargne coûte que coûte. Une petite somme régulière vaut mieux qu'une grosse somme jamais mise de côté.

2. Un crédit à la consommation ou des paiements en plusieurs fois

Crédit renouvelable, découvert permanent, paiement en trois ou quatre fois : sur un relevé français, ces prélèvements portent des noms comme Cetelem, Sofinco, Cofidis, Franfinance, Alma, Klarna, Oney ou Floa. Tant qu'ils tournent, rembourser au-dessus du minimum passe avant les envies : les 30 % basculent presque entiers vers le remboursement. Les envies reviennent quand le coût du crédit redescend sous 15 % du revenu.

3. Aucune épargne de précaution

Avant tout placement, il faut trois à six mois de dépenses courantes disponibles immédiatement. Avec 1 800 € de dépenses mensuelles, cela représente 5 400 € à 10 800 €. Tant que ce matelas n'existe pas, la totalité des 20 % va là et nulle part ailleurs — pas en bourse, pas en placement bloqué. Le guide complet de l'épargne de précaution détaille combien viser selon ta situation.

4. Des revenus irréguliers

Auto-entrepreneur, intermittent, saisonnier, commercial à variable : quand le net oscille du simple au triple, les pourcentages fixes n'ont plus de sens appliqués au mois en cours. Méthode plus solide : définis ton « revenu de référence » — le mois le plus bas des six derniers — et applique le 50/30/20 dessus. Tout ce qui dépasse, les bons mois, part intégralement en épargne. Ça fait un budget un peu triste sur le papier et beaucoup plus calme en vrai.

Mythe contre réalité

Le mythe : « la règle 50/30/20 est la formule qui garantit la tranquillité financière ».

La réalité : c'est un point de départ, pas une garantie — ses autrices la présentent comme une orientation pratique, à ajuster à chaque situation. L'effet principal de la méthode n'est pas la proportion magique, c'est l'habitude de mesurer où va l'argent. Tu peux très bien commencer à 65/25/10 et progresser ensuite. N'importe quelle répartition vaut mieux que pas de répartition du tout.

La Correction Française 50/30/20

La Correction Française 50/30/20 est un cadre adaptatif : trois variantes de la règle, calées sur les niveaux de revenu réels en France. Plutôt qu'une proportion unique pour tout le monde, tu choisis ton point de départ selon ce qui arrive sur ton compte courant.

Correction Française 50/30/20 — trois variantes

Variante A : net sous 1 600 €, ou logement très lourd → 60/20/20, voire 70/20/10

60 à 70 % de besoins, 10 à 20 % d'envies, 20 % d'épargne. Le plafond relevé des besoins reflète simplement le poids réel du logement et des transports. Un poste envies modeste est un résultat normal, pas un échec.

Variante B : net entre 1 600 € et 2 733 € → 50/30/20 (standard)

La règle classique de Warren, autour du salaire net médian de 2 190 € (INSEE, 2024). Atteignable en dehors des grandes métropoles, ou à deux quand le logement est partagé.

Variante C : net au-dessus de 2 733 €, ou couple au-dessus de 4 380 € → 40/20/40

40 % de besoins, 20 % d'envies, 40 % d'épargne et de placements. Au-dessus du salaire net moyen (2 733 €, INSEE 2024), les charges fixes augmentent rarement au même rythme que le revenu : c'est le moment de faire travailler l'écart.

Aucune des trois n'est « vraie » ou « fausse ». C'est une boussole, pas un GPS. Si tes chiffres ne rentrent dans aucune case, le problème n'est pas toi : c'est que ta situation ne ressemble pas au cas type. Et si le blocage est ailleurs — l'épargne qui ne part jamais — les vraies raisons pour lesquelles on n'arrive pas à épargner sont un meilleur point d'entrée que n'importe quelle proportion.

Où vont les 20 % : Livret A, épargne de précaution et automatisation

Tant que l'épargne de précaution n'est pas constituée, les 20 % vont sur un Livret A ou un LDDS — disponibles à tout moment et exonérés d'impôt sur le revenu comme de prélèvements sociaux. Le taux est fixé par la Banque de France : 1,7 % depuis le 1er août 2025, ramené à 1,5 % en février 2026.

Au-delà de ces livrets réglementés, les revenus de l'épargne et des placements relèvent du prélèvement forfaitaire unique — 30 % jusqu'à fin 2025, porté à 31,4 % depuis janvier 2026 avec la hausse de la CSG. Ça ne change rien à la règle 50/30/20 elle-même, mais ça change l'ordre des étapes : d'abord le matelas défiscalisé et disponible, ensuite seulement le reste.

Le virement qui fait tout le travail

À l'échelle nationale, le taux d'épargne des ménages français atteint 18,2 % (INSEE, comptes nationaux, 2024) — les 20 % de la règle ne sortent donc pas de nulle part. Ce qui distingue ceux qui y arrivent, ce n'est pas le revenu, c'est l'ordre des opérations : un virement automatique programmé le jour de la paie, du compte courant vers le Livret A, avant que le mois ne commence. Un virement lancé à la main « s'il reste quelque chose » à la fin du mois ne part presque jamais. Le virement instantané a d'ailleurs explosé en France, avec des volumes quotidiens en hausse de 72 % entre 2024 et 2025 — la lenteur n'est plus une excuse.

Comment appliquer la règle 50/30/20, étape par étape

La règle 50/30/20 ne sert à rien sans données. La première étape, toujours, c'est de voir ce qui se passe vraiment — pas ce qui devrait se passer.

1.

Calcule ton revenu net réel

Additionne tout ce qui est entré sur ton compte courant les trois derniers mois normaux, puis divise par trois. C'est ta base : pas le chiffre du contrat, celui qui est arrivé. Avec des revenus irréguliers, prends le mois le plus bas des six derniers.

2.

Additionne tes besoins actuels

Reprends le relevé du mois dernier. Isole le loyer ou la mensualité de crédit immobilier, l'énergie, l'eau, les courses de base, les transports, l'assurance, la mutuelle, les mensualités de crédit à la consommation. Repère les prélèvements récurrents — ils portent la mention PRLV et le nom du créancier. Additionne. Sans juger. Pour éviter de tout recopier à la main, une application peut lire tes comptes en lecture seule et faire ce tri à ta place.

3.

Regarde quel pourcentage ça représente

Divise le total des besoins par ton revenu net. Sous 50 %, tu es dans la zone standard. Entre 50 et 65 %, passe en variante A (60/20/20). Au-dessus de 65 %, le problème est structurel — il est dans tes charges fixes, pas dans tes envies.

4.

Choisis ta variante et pose une limite

Au vu du résultat de l'étape 3, choisis une variante de la Correction Française. Fixe un montant plafond en euros pour le poste envies : c'est le seul des trois où tu as une vraie marge de décision. Les besoins et l'épargne sont des engagements.

5.

Programme le virement, puis mesure 30 jours

Mets en place le virement automatique vers le Livret A le jour de la paie. Au bout d'un mois, compare tes proportions réelles au plan. L'écart est une information, pas un échec : identifie un seul changement pour le mois suivant. Une revue mensuelle vaut plus qu'un plan annuel parfait sur le papier.

Si tu préfères comparer les outils qui automatisent tout ça, la comparaison des applications de budget familial 2026 passe en revue ce qui existe en France. Et à deux, le vrai sujet est souvent le périmètre plus que la méthode — gérer un budget de couple sans compte joint traite ce cas précis.

Quelle part de ton revenu part vraiment en besoins ?

Martia lit tes comptes et range les opérations toute seule, y compris quand tu as un compte courant à la Société Générale et un livret ailleurs. Au lieu de passer une heure à additionner des lignes de relevé, tu demandes « combien j'ai mis en besoins ce mois-ci ? » et tu vois le pourcentage. Parle à Martia de ton argent — elle répond en français.

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Questions fréquentes

Comment fonctionne la règle 50/30/20 ?

La règle 50/30/20 répartit ton revenu net mensuel en trois parts : 50 % pour les besoins (loyer ou crédit immobilier, énergie, courses, transport pour aller travailler), 30 % pour les envies (restaurants, sorties, abonnements, achats non essentiels) et 20 % pour l'épargne ou le remboursement anticipé des crédits. La méthode vient d'Elizabeth Warren, professeure de droit à Harvard puis sénatrice américaine, et de sa fille Amelia Warren Tyagi, dans le livre « All Your Worth » (2005). Ce n'est pas une loi rigide : c'est un point de départ simple, à confronter à ta vie réelle et à ajuster ensuite.

Combien mettre dans chaque poste avec un salaire net de 2 190 € ?

Avec 2 190 € net par mois — le salaire net médian en équivalent temps plein dans le secteur privé (INSEE, 2024) — la règle 50/30/20 donne 1 095 € pour les besoins, 657 € pour les envies et 438 € pour l'épargne. Les 1 095 € couvrent tout le poste besoins d'un coup : loyer ou mensualité de crédit, énergie, courses, transport, assurance habitation, mutuelle. Or selon Eurostat (TEC00134, 2022), le logement et les charges représentent à eux seuls 26,2 % de la consommation des ménages français, et les transports 13,6 %. Si ton loyer dépasse la moitié de ces 1 095 €, la variante 60/20/20 sera plus honnête que de forcer le chiffre.

Est-ce que la règle 50/30/20 marche en France ?

Comme point de départ, oui ; telle quelle, rarement. En additionnant les postes Eurostat (TEC00134, 2022), le logement et les charges (26,2 %), les transports (13,6 %) et l'alimentation (13,3 %) pèsent déjà 53,1 % de la consommation des ménages français — avant même de compter les assurances, la mutuelle ou la cantine. La moyenne nationale dépasse donc les 50 % que la règle réserve aux besoins. Soyons francs : avec un revenu proche du seuil de pauvreté, fixé à 1 288 € par mois pour une personne seule (INSEE, 2023), la répartition classique est arithmétiquement hors d'atteinte. La correction utile, c'est de passer à 60/20/20 en gardant les 20 % d'épargne intacts.

Faut-il calculer la règle 50/30/20 sur le brut ou sur le net ?

Sur le net, et plus précisément sur ce qui arrive vraiment sur ton compte courant. Depuis 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé à la source : le « net à payer » de ton bulletin de paie est déjà après impôt. Entre le brut et le net, les cotisations sociales salariales et la CSG/CRDS retirent environ 24 % du salaire, le rapport net sur brut tournant autour de 0,757. L'écart n'a rien d'anecdotique : l'INSEE (2024) relève 3 602 € de salaire brut moyen pour 2 733 € net, en équivalent temps plein dans le secteur privé. Calculer la règle sur le brut revient à se fabriquer un budget qui n'existe pas.

Qu'est-ce qui compte comme besoin et qu'est-ce qui compte comme envie ?

Un besoin est une dépense que tu ne peux pas arrêter un mois sans conséquence sérieuse : loyer ou mensualité de crédit immobilier, énergie, eau, courses de base, transport pour aller travailler, assurance habitation, mutuelle, mensualité minimale d'un crédit. Une envie est tout ce qui améliore la vie mais reste optionnel : restaurants, plateformes de streaming, salle de sport, vêtements au-delà du nécessaire, week-ends. Le forfait mobile de base est un besoin ; le forfait haut de gamme avec 200 Go est une envie. Le test tient en une question : si je coupe cette dépense un mois entier, est-ce que je perds mon logement ou mon travail ?

Où mettre les 20 % d'épargne quand on débute ?

Sur un Livret A ou un LDDS, tant que l'épargne de précaution n'est pas constituée. Ces livrets réglementés sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, l'argent reste disponible à tout moment, et leur taux est fixé par la Banque de France : 1,7 % depuis le 1er août 2025, ramené à 1,5 % en février 2026. Vise trois à six mois de dépenses courantes : avec 1 800 € de dépenses par mois, cela représente 5 400 € à 10 800 €. Le geste qui change tout, c'est un virement automatique programmé le jour de la paie, du compte courant vers le livret — pas un virement fait « s'il reste quelque chose » en fin de mois.

Combien épargner par mois avec 1 600 € net ?

La règle standard donne 320 € par mois, soit 3 840 € sur l'année. Si tes charges fixes dépassent la moitié du revenu — ce qui arrive vite quand le loyer et les transports s'additionnent — vise plutôt 10 à 15 % au départ, soit 160 € à 240 € par mois, puis remonte quand la situation le permet. À l'échelle du pays, le taux d'épargne des ménages français atteint 18,2 % (INSEE, comptes nationaux, 2024) : les 20 % ne sont donc pas un objectif absurde, ils sont simplement inatteignables certains mois. Mieux vaut 160 € virés tous les mois sans y penser que 320 € promis et jamais mis de côté.

Quelle méthode de budget choisir quand on vit en couple ?

Aucune méthode n'est meilleure dans l'absolu. La règle 50/30/20 est un bon point de départ parce qu'elle ne demande de surveiller que trois enveloppes. D'autres approches tiennent la route : le budget base zéro, où chaque euro reçoit une affectation, la méthode des enveloppes par poste, et le « paie-toi d'abord », où l'épargne part dès la paie et le reste se gère librement. En couple, la vraie question n'est pas la méthode mais le périmètre : ce qui passe par le compte joint, ce qui reste sur chaque compte courant, et qui paie quoi. Martia affiche tes proportions réelles toute seule : tu lui demandes où part ton argent, elle répond — sans tableur à remplir.

Sources et références

  • Warren E., Warren Tyagi A. (2005). All Your Worth: The Ultimate Lifetime Money Plan. Free Press. Source d'origine de la règle 50/30/20. Fiche du livre.
  • INSEE (2024). Les salaires dans le secteur privé en 2024 (Insee Première n°2079) — salaire net médian 2 190 €/mois, net moyen 2 733 €/mois, brut moyen 3 602 €/mois, en équivalent temps plein. insee.fr
  • INSEE (2023). Niveau de vie et pauvreté en 2023 (Insee Première n°2063) — revenu disponible médian d'une personne seule 2 150 €/mois, seuil de pauvreté 1 288 €/mois (personne seule) et 2 705 €/mois (couple avec deux enfants de moins de 14 ans). insee.fr
  • INSEE (2024). Les comptes de la Nation en 2024 — taux d'épargne des ménages 18,2 %. insee.fr
  • Eurostat (2022). Final consumption expenditure of households by consumption purpose (COICOP), France — dataset TEC00134. ec.europa.eu/eurostat.
  • Meilleurtaux (2025). Immobilier : qui sont les acheteurs de 2024 ? — montant moyen emprunté 210 848 €, durée moyenne d'environ 22,3 ans. meilleurtaux.com
  • Banque de France. Taux du Livret A — 1,7 % au 1er août 2025, 1,5 % en février 2026 ; Le prélèvement SEPA. banque-france.fr

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